Google et Shein ont été respectivement condamnés à des amendes de 325 millions d’euros et 150 millions d’euros pour non-respect des règles sur les cookies.
Des cookies bien difficiles à digérer. La formation restreinte de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a frappé fort, en infligeant une amende de 325 millions d’euros à Google et de 150 millions d’euros l'entreprise chinoise de vente en ligne de vêtement Shein.
Un problème de consentement
GOOGLE LLC et GOOGLE IRELAND LIMITED ont été sanctionnées après avoir affiché des publicités entre les courriels des utilisateurs de Gmail sans leur accord, et pour avoir déposé des cookies lors de la création de comptes Google sans le consentement des utilisateurs. L’entreprise dispose de six mois pour se mettre en conformité. « À défaut, les sociétés devront chacune payer une astreinte de 100 000 euros par jour de retard », a prévenu la CNIL.
La filiale irlandaise de Shein a pour sa part été condamnée « pour non-respect des règles applicables en matière de traceurs (cookies) déposés sur le terminal des utilisateurs se rendant sur le site « shein.com » ». Il lui est reproché de ne pas avoir recueilli le consentement des utilisateurs avant dépôt des cookies, mais aussi pour deux interfaces liées à la gestion des traceurs jugées « incomplètes ». Par exemple : « Le premier bandeau comportait trois boutons intitulés « Paramètres des cookies », « Tout refuser » et « Accepter », mais il ne contenait aucune information sur la finalité publicitaire des traceurs. »
Des mécanismes défaillants
Il est également reproché à Shein d’avoir laissé sur son site des mécanismes de refus et de retrait du consentement défaillants. Lorsqu’un utilisateur cliquait sur « Tout refuser » ou retirait son consentement, des traceurs étaient tout de même déposés et d’autres continuaient d’être lus.
Ces sanctions s’inscrivent dans le cadre d’un plan d’action de mise en conformité lancé en 2019 par la CNIL, établissant des lignes directrices et recommandations sur l’usage des traceurs, notamment pour assurer l’information claire des internautes. Shein a indiqué à l’AFP son intention de former un recours devant le Conseil d'État et la Cour de justice de l'Union européenne. L’enseigne de prêt-à-porter juge l’amende « totalement disproportionnée compte tenu de la nature des griefs allégués » et impute cette décision à « des considérations politiques ».
Plus mesuré, un porte-parole de Google a déclaré que la firme étudiait le contenu de la décision, ajoutant que « les utilisateurs ont toujours eu la possibilité de contrôler les annonces qu'ils voient dans nos produits » et que des mises à jour ont été effectuées « afin de répondre aux préoccupations de la CNIL ».

