La Commission européenne a infligé une amende de 2,5 milliards d’euros pour pratiques anticoncurrentielles dans le domaine de la publicité en ligne. L’exécutif européen a demandé à ce que la firme se mette en conformité. L’Union européenne doit, dans le même temps, composer avec des pressions des États-Unis, qui exigent la levée de la sanction.
Les derniers jours ont été particulièrement coûteux pour Google. La firme de Mountain View a été sanctionnée en France par la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) en raison de l’absence de consentement demandé aux utilisateurs pour l’affichage de publicités. Google a également été condamné aux États-Unis par un tribunal fédéral de San Francisco pour avoir collecté illégalement des données personnelles.
Le dernier coup provient de la Commission européenne, qui n’y est pas allée avec le dos de la cuillère en sanctionnant la firme américaine à hauteur de 2,95 milliards d’euros pour pratiques abusives dans la publicité en ligne (adtech). Il lui est reproché d’avoir violé des règles antitrust en favorisant ses propres services de publicité display : « au détriment des fournisseurs concurrents de technologies publicitaires, des annonceurs et des éditeurs en ligne », écrit la Commission européenne.
Un ultimatum de 60 jours
L’exécutif européen exige de la firme qu’elle mette fin à ces pratiques et supprime les conflits d’intérêts dans sa chaîne d’approvisionnement en adtech. Google dispose de 60 jours pour informer la Commission sur la méthode qu’il compte employer pour se mettre en conformité.
À noter que les montants de ces amendes, bien que conséquents et en théorie plutôt dissuasifs, sont à relativiser au regard des bénéfices qu’engrangent ces grandes entreprises. Rappelons que la firme a engrangé 28,2 milliards de dollars de bénéfice net au deuxième trimestre de 2025. De quoi couvrir le montant de ces amendes sans grande difficulté.
La firme peut aussi compter sur un allié de choix : Donald Trump. Le président des États-Unis n’a pas manqué, comme à son habitude, de brandir de nouveaux droits de douane si l’Union européenne ne revenait pas sur sa décision. « L’Union européenne doit IMMÉDIATEMENT arrêter ces pratiques contre les entreprises américaines », a écrit le Républicain sur son réseau social Truth Social. Rappelons que les relations entre l’Union européenne et les États-Unis avaient retrouvé un semblant d’apaisement après un accord trouvé (et largement critiqué en Europe) sur les droits de douane le 27 juillet dernier.

