Plusieurs annonces ont été faites autour du développement des infrastructures d'IA sur le territoire national dans le cadre du sommet Choose France. SoftBank domine les débats avec un plan d’investissement qui pourrait atteindre 75 milliards d'euros.
À l'occasion du neuvième sommet Choose France, le japonais SoftBank et le marseillais Sesterce ont annoncé la création d'une coentreprise afin de développer et d'exploiter un campus d'IA de 1 GW à Bosquel, dans les Hauts-de-France. Situé à proximité de grands centres économiques européens — Allemagne, Pays-Bas, Francfort notamment —, cette infrastructure a vocation à servir des clients européens avec des charges de travail d'IA avancées et de faibles latences.
Un plan à 75 milliards d'euros pour la France
« Un moment décisif pour Sesterce et pour l'avenir des infrastructures d'IA souveraines en Europe », ont déclaré Youssef El Manssouri et Anthony Tchakerian, respectivement PDG et directeur général, tous deux cofondateurs de Sesterce. La revendication de souveraineté est toutefois à nuancer : SoftBank Group demeurant une entité extraeuropéenne, la seule localisation du campus sur le territoire français ne suffit pas à garantir une immunité vis-à-vis du droit extraterritorial — au regard de la qualification SecNumCloud, notamment.
Ce partenariat s'inscrit dans un plan plus large du groupe japonais, qui prévoit de déployer 5 GW de capacité de calcul en France pour un coût total de 75 milliards d'euros. Le programme débute par une première tranche de 45 milliards d'euros d'ici à 2031, articulée autour de trois projets visant à créer 3,1 GW de capacités dans les Hauts-de-France : à Dunkerque (Loon-Plage), à Bosquel (Somme) et à Bouchain (Nord).
D'autres acteurs se positionnent
En parallèle, le fonds d'investissement français Ardian et sa filiale britannique Verne ont annoncé le déploiement d'un campus d'infrastructures numériques en Île-de-France, représentant jusqu'à 5 milliards d'euros d'investissements pour une capacité cible de 500 MW — destinée aux grands acteurs industriels et technologiques européens. Une première tranche de 200 MW est prévue pour 2030. Enfin, Bull, spécialiste français du calcul avancé, et Foxconn, fabricant et fournisseur de solutions technologiques, ont annoncé leur alliance pour produire des infrastructures d'IA et de cloud, avec un investissement initial supérieur à 120 millions d'euros.
Le fonds émirati MGX et BPIfrance sont quant à eux d’étendre les capacités de la coentreprise Campus AI avec un nouveau datacenter à 7,5 milliards d'euros d'investissement afin de développer jusqu'à 3 GW de capacité de calcul sur le territoire national.

