IA

Deloitte rattrapé par les “hallucinations” de l’intelligence artificielle

Deloitte va devoir rembourser partiellement le paiement d’un rapport commandé par le gouvernement australien. La raison ? Une partie dudit rapport a été rédigée à l’aide d’une intelligence artificielle et comportait de nombreuses erreurs.

Le prix de l’imprudence est élevé pour le cabinet britannique d’audit et de conseil Deloitte. Ce dernier va devoir rembourser une partie d’un contrat passé avec le ministère australien de l’Emploi et des Relations professionnelles. Le ministère avait confié au cabinet un contrat de 439 000 dollars australiens (247 000 euros) pour évaluer les dysfonctionnements d’un système d’aide sociale qui pénalisait des demandeurs d’emploi. 

Des ressources universitaires inexistantes

Fin août, le quotidien Australian Financial Review a révélé que le document comportait quelques erreurs pour le moins grossières. Il faisait notamment référence à des rapports attribués à des chercheurs des universités de Sydney et de Lund, en Suède. Petit problème toutefois : ces fameux rapports n’existaient tout simplement pas.

Une nouvelle version corrigée par Deloitte a depuis été republiée sur le site du ministère. Il est précisé dans le document que Deloitte a utilisé « une chaîne d’outils basée sur un grand modèle de langage d’intelligence artificielle générative (Azure OpenAI GPT-4o) ».

La situation ne semble pas avoir déstabilisé le cabinet de conseil qui, solide sur ses appuis, indique dans cette nouvelle version que « les corrections apportées ne modifient en rien le contenu, les conclusions ni les recommandations du rapport », sans toutefois mentionner les erreurs commises par l’IA. Deloitte Australie a de son côté indiqué que : « L’affaire a été réglée directement avec le client. » 

Deloitte signe un contrat avec Anthropic

Cette mésaventure met une fois de plus en lumière un risque bien connu mais encore sous-estimé : celui des hallucinations de l’IA, ces inventions crédibles mais fausses produites par des modèles de langage.

Cet incident relance le débat sur la responsabilité des cabinets de conseil et d’audit, alors que ces derniers intègrent de plus en plus l’IA dans leurs flux de travail à des fins de productivité. Rappelons que Deloitte, encore lui, vient tout juste de conclure un accord avec la start-up américaine Anthropic, qui donne accès aux employés du cabinet à son modèle Claude.

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