La Commission européenne rêve de faire de l’Union européenne un leader mondial de l’intelligence artificielle, elle qui accumule un retard conséquent face aux États-Unis et à la Chine.
Pour tenter de redevenir un challenger sérieux dans la course à l’IA, l’exécutif européen a révélé, mercredi 9 avril, son "AI Continent Action Plan". Une initiative qui mobilisera 200 milliards d’euros, comme annoncé par la Présidente de la Commission Ursula von der Leyen, lors du Sommet pour l’action sur l’IA à Paris en février 2025. À titre de comparaison, aux États-Unis, l’administration Trump a annoncé 500 milliards de dollars pour l’IA avec son projet Stargate, essentiellement financé par des fonds privés.
Le plan européen s’articule autour de cinq piliers. Le premier donne la part belle à la construction d’infrastructures informatiques et de données d’IA à grande échelle. Un indispensable pour le développement et l’entraînement des modèles. L’Union européenne espère tripler la capacité des centres de données de l'UE d’ici 2030/2032. Elle entend ainsi muscler les capacités du continent en termes de calcul en développant un réseau d’usines d’IA. Treize, au total, sont déjà opérationnelles dans les supercalculateurs européens. À ces usines s’ajouteront des giga-usines équipées de 100 000 GPU, « soit quatre fois plus que les usines d'IA actuelles », écrit la Commission européenne. Un appel à manifestation d’intérêt pour les consortiums qui seraient intéressés a d’ores et déjà été publié ce mercredi.
« L'investissement privé dans les giga-usines sera encore stimulé par l'initiative InvestAI, qui mobilisera 20 milliards d'euros d'investissements pour un maximum de cinq giga-usines d'IA dans l'ensemble de l'Union », ajoute la Commission.
Faciliter l’accès aux données
L’or, c’est la donnée. L’exécutif veut ainsi faciliter l’accès à de grands volumes de données de qualité. « Un élément important du plan d'action est la création de laboratoires de données, qui rassemblent et gèrent de grands volumes de données de haute qualité provenant de différentes sources dans les usines d'IA », écrit-elle. Dès cette année, une stratégie globale devrait être mise sur pied afin de créer un marché intérieur des données dédiées à l’IA.
Actuellement, 13,5 % des entreprises du Vieux Continent utilisent l’IA. Pour augmenter cette part, l’Union européenne veut développer des solutions d’IA « sur mesure » afin de « stimuler leur utilisation industrielle et leur adoption complète dans les secteurs public et privé stratégiques de l'UE ». Pour ce faire, sera lancée la stratégie « Appliquer l’IA », toujours en 2025.
Sur le volet compétences, alors que la demande de talents en IA est forte, la Commission cherche à faciliter le recrutement d’experts et de chercheurs européens et internationaux hautement qualifiés, via des initiatives telles que « le réservoir de talents, l'action Marie Skłodowska-Curie MSCA Choose Europe et les programmes de bourses en IA proposés par la future AI Skills Academy », énumère-t-elle. S’ajouteront des programmes d’éducation et de formation sur l’IA, et de reconversion professionnelle.
Côté règlement, la Commission européenne lancera un service d’assistance « Législation sur l’IA » qui doit aider les entreprises à se mettre en conformité. « Il servira de point de contact central et de plateforme d'information et d'orientation sur la législation sur l'IA. »

