Tout l’enjeu consiste à assurer l’indépendance technologique de la France et, par extension, de l’Union européenne, face au leadership des États-Unis et de la Chine dans l’intelligence artificielle.
Interrogé lors du JT de 20 heures sur France 2 dimanche, Emmanuel Macron a annoncé, à la veille du Sommet pour l’action sur l’IA qui démarre ce lundi, 109 milliards d’euros pour l’IA. Ces fonds doivent donner les moyens au pays, et plus globalement à l’Europe, de rattraper son retard face aux États-Unis et à la Chine dans le domaine de l’IA et lui assurer autonomie et indépendance.
Priorité aux centres de données
« On vit une révolution technologique et scientifique comme on en a peu connue », a déclaré le président de la République, un « moment d’opportunité » que l’Europe et ses partenaires doivent saisir. Emmanuel Macron a comparé ce plan au programme Stargate des États-Unis, qui prévoit d’investir 500 Mds$ dans la construction de nouvelles infrastructures d’IA dans le pays. « On est la cinquième puissance sur l’intelligence artificielle […] on a des atouts formidables », mais « on est tous en retard par rapport aux États-Unis et à la Chine ».
Cette enveloppe sera financée pour l’essentiel par des investissements privés et étrangers, d’entreprises françaises ou encore de grands fonds d’investissement. La première pierre à l’édifice est un investissement de 30 à 50 milliards d’euros pour la construction d’un datacenter avec le concours de MGX, un fonds d’investissement d’Abou Dhabi, également impliqué dans Stargate. Pour l’heure, la localisation de cette infrastructure d’un gigawatt n’est pas connue. Le fonds canadien Brookfield a également annoncé qu’il investirait 20 milliards d’euros en France d’ici 2030, notamment pour la construction de datacenters à Cambrai (Nord).
La ministre déléguée chargée de l’Intelligence Artificielle et du Numérique, Clara Chappaz, a d’ores et déjà annoncé vendredi dernier que la France était en capacité de mettre à disposition 35 sites prêts à l’emploi, avec fourniture d’énergie, pour l’installation de capacités de calcul.
35 sites à disposition
D’autres annonces du même acabit devraient intervenir dans le courant de la semaine. Pour achever de convaincre d’éventuels partenaires, Emmanuel Macron a vanté les mérites du mix énergétique français, permettant d’alimenter les technologies d’IA, très gourmandes, avec un impact moindre sur l’environnement. « Nous, en France, nous avons une avance extraordinaire, c’est qu’on produit une électricité parmi les plus décarbonées au monde […] on a le réseau le plus sûr et le plus stable […] nous, quand on fait des datacenters, ce n’est pas pareil qu’aux États-Unis », ou d’autres pays européens, où le mix énergétique est encore dominé par les énergies fossiles. « Quand vous allez faire des datacenters chez nous, […] ce sont des datacenters propres ».

