Des députés européens veulent un nouveau Chips Act

Face aux tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et le Vieux Continent, des parlementaires européens ont exhorté, lundi 24 mars, la Commission européenne à lancer les travaux autour d’un nouveau programme de soutien à l’industrie des semi-conducteurs, un domaine dans lequel l’Union européenne reste encore très dépendante d’acteurs étrangers.

Cinquante-quatre députés européens issus des trois grandes formations politiques ont signé une lettre ouverte adressée à la commissaire chargée du numérique et vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Henna Virkkunen, dans laquelle ils demandent à l’exécutif européen de lancer un nouveau Chips Act. « Les récents développements géopolitiques ont montré que l'Europe ne peut pas considérer comme acquis un accès continu aux technologies avancées », écrivent-ils. C’est pourquoi ils demandent que des mesures soient prises afin de rendre l’UE plus attractive pour la R&D, la conception et la production de semi-conducteurs.

Une démarche soutenue par des industriels

L’initiative, elle, est soutenue par l'Association européenne de l'industrie des semi-conducteurs (ESIA) et le SEMI, une organisation industrielle internationale représentant les entreprises du secteur des semi-conducteurs. « La création d'une nouvelle stratégie européenne pour les semi-conducteurs a été au cœur des discussions d'aujourd'hui, soulignant le besoin croissant de renforcer les capacités technologiques et d'accélérer l'innovation dans l'ensemble de l'écosystème européen des semi-conducteurs », a déclaré Laith Altimime, président de SEMI Europe. Le SEMI et l’ESIA plaident notamment pour un allégement administratif et la définition d’une nouvelle approche en matière de commerce et de politique étrangère.

Si le premier Chips Act de 2023 avait permis d’attirer quelques investisseurs, les fabricants de puces, eux, sont restés frileux, préférant souvent s’installer de l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, où un autre Chips Act avait été mis en œuvre pour doper l’industrie des semi-conducteurs. En difficulté, le fabricant de puces Intel a, quant à lui, décidé l’année dernière de repousser ses projets de construction d’usines en Allemagne et en Pologne.

Appel à la souveraineté technologique

Cette demande des députés européens fait écho à celles d’entreprises et organisations européennes qui – dans une lettre ouverte toujours – ont demandé à la Commission européenne de renforcer la souveraineté économique de l’Union européenne sur le plan technologique. « Dans le cadre de cet effort commun, l’Europe doit reprendre l’initiative et devenir plus technologiquement indépendante à tous les niveaux de son infrastructure numérique critique : de l’infrastructure logique – applications, plateformes, médias, cadres et modèles d’IA – à l’infrastructure physique – puces, calcul, stockage et connectivité », pouvait-on y lire.

La Commission européenne n’a pas encore détaillé de plan précis pour l’industrie des semi-conducteurs, malgré quelques annonces concernant des initiatives visant à stimuler l’investissement, notamment dans l’intelligence artificielle, un secteur dans lequel elle souhaite mobiliser 200 milliards de dollars.

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