Microsoft a présenté, jeudi 20 février, Majorana 1, le premier processeur quantique alimenté par des qubits topologiques, réduisant ainsi les erreurs quantiques. Confiant, Microsoft estime être en mesure de pouvoir construire un prototype d’ordinateur quantique tolérant aux fautes d’ici quelques années.
Encore peu fiables, les ordinateurs quantiques sont sujets aux erreurs quantiques, ce qui rend leur utilisation incertaine. Mais à en croire les dernières annonces de Microsoft, cette problématique pourrait bien avoir trouvé un début de solution. La firme a dévoilé Majorana 1, le tout premier processeur quantique au monde basé sur des qubits topologiques.
Contrairement aux qubits classiques, les qubits topologiques sont protégés physiquement par un matériau topologique conducteur. Cette configuration permet d’améliorer la fiabilité des calculs en réduisant les erreurs quantiques, qui constituent l’un des principaux défis de cette technologie. Microsoft a développé une méthode de lecture numérique simplifiant la correction des erreurs quantiques en utilisant des Majorana Zero Modes (MZM). Ces quasi-particules permettent de stocker et de manipuler plus précisément l’information quantique, améliorant ainsi la stabilité et la fiabilité des calculs.
Bientôt un prototype de FTP
Dans le cadre du programme DARPA US2QC, qui vise à développer des systèmes quantiques capables de surpasser les supercalculateurs classiques, la firme de Redmond a déclaré vouloir construire un premier prototype d’ordinateur quantique tolérant aux fautes (FTP). Microsoft s’est fixé pour objectif d’atteindre un million de qubits, ce qui, si l’entreprise y parvient, constituerait une première. Microsoft a déjà réussi à intégrer huit qubits topologiques sur une puce. La firme pense pouvoir construire le FTP « d’ici quelques années, et non des décennies ».
Microsoft n’est pas le seul acteur bien avancé dans la course à la réduction d’erreurs. Google a présenté, en décembre dernier, Willow, un processeur de 105 qubits capable de résoudre en cinq minutes un problème qui prendrait 10 septillions d’années à un ordinateur classique. Cette puce permet, en outre, de créer des qubits logiques, plus fiables que les qubits physiques, réduisant ainsi le taux d’erreur.

