Le chiffrement est possible sur l’ADN

Une équipe de scientifiques franco-japonais a développé une méthode cryptographique qui utilise l'ADN comme vecteur.

Une équipe pluridisciplinaire a développé une approche de chiffrement sur ADN permettant de générer et de partager des clés aléatoires pour coder des messages, et ce, quelle que soit la distance entre l'expéditeur et son destinataire. La démarche vient d'être testée pour la première fois en conditions réelles à l'occasion du déplacement du président de la République au Japon, le 1er avril 2026. Ces travaux ont été réalisés au sein d'une collaboration entre le CNRS, l'Université de Tokyo, l'Université de Limoges, IMT Atlantique et l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI Paris - PSL), avec le soutien de l'ANR et France 2030.

Concrètement, les scientifiques préparent des ensembles d'ADN dupliqués d'origine entièrement synthétiques dont une copie est conservée chez l'expéditeur et l'autre par le destinataire. Les fragments d'ADN qu'ils contiennent vont permettre aux correspondants de générer des clés de chiffrement parfaitement aléatoires, mais qui seront pourtant identiques 2 à 2. Ceci est réalisé juste avant la communication, grâce à de puissantes machines de séquençage, qui vont lire les molécules pour assembler une clé numérique binaire (composée de 0 et de 1) qui permet de coder, d'envoyer et de décoder un message allant jusqu'à plusieurs centaines de mégaoctets.

L'ADN présente une densité de stockage et une stabilité remarquable : correctement conservé, le polymère peut rester intact pendant des milliers d'années et il suffit de quelques milligrammes pour stocker des exaoctets d'information binaire, soit l'équivalent d'un million de disques durs. De plus, la génération de clés cryptographiques partagées via l'ADN a l'avantage d'être indépendante de la distance entre l'émetteur et le récepteur. 

En testant différents scénarios, les scientifiques ont démontré que même si l'ADN utilisé pour générer les clés était intercepté, le canal resterait inviolable : puisqu'il n'existe que deux copies de chaque séquence d'ADN, toute clé partiellement volée ne serait jamais réutilisée par les correspondants. De même, si l'intercepteur tentait d'amplifier la clé pour en obtenir plusieurs copies avant de la restituer aux utilisateurs, cette manipulation se traduirait par des anomalies dans le nombre de copies, détectables par les correspondants qui décideraient alors de ne plus utiliser ces clés.

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