4,6 M€ d’amende pour Doctolib

L’Autorité de la concurrence a sanctionné Doctolib pour exploitation abusive de sa position dominante sur les marchés de la prise de rendez-vous médicaux en ligne et de la téléconsultation. L’entreprise a indiqué qu’elle allait faire appel de cette décision.

Le leader de la prise de rendez-vous médicaux en ligne a été sanctionné par l’Autorité de la concurrence. Selon cette dernière, Doctolib a mis en œuvre une stratégie anticoncurrentielle visant à verrouiller le marché et à évincer la concurrence. Doctolib, qui détenait jusqu’à 90 % du marché de la prise de rendez-vous en ligne et 40 % de celui de la téléconsultation, imposait à ses abonnés des clauses d’exclusivité les obligeant à « recourir exclusivement à ses services via la présence dans ses contrats d’abonnement de clauses d’exclusivité et à imposer aux abonnés à Doctolib Téléconsultation de souscrire préalablement à Doctolib Patient ». Des pratiques qui ont été maintenues malgré les avertissements de sa direction juridique sur leur illégalité.

L’entreprise est également sanctionnée pour le rachat de son principal concurrent, MonDocteur, en 2018, opéré dans le but, selon l'Autorité, de faire disparaître son concurrent n°1 : « afin de verrouiller le marché national des services de prise de rendez-vous médicaux en ligne et de consolider sa position sur un marché alors encore émergent ». Ce rachat lui a permis d’acquérir 10 000 clients supplémentaires et d’augmenter ses tarifs de 10 à 20 %.

Doctolib conteste

En plus de s'acquitter de l'amende, Doctolib devra publier un résumé de la décision dans le média Le Quotidien du Médecin et sur le site du journal, conformément à la sanction de l’Autorité.

Doctolib a d’ores et déjà indiqué, dans un communiqué, qu’elle ferait appel de cette décision qui, selon ses mots, « présente une lecture erronée de notre activité et de notre secteur ». Et de poursuivre : « Doctolib est un acteur récent dans le secteur des logiciels pour les soignants (trois fois plus petit que nos concurrents européens) et n’équipe aujourd’hui que 30 % des soignants français (10 % en 2019, au moment de la plainte). » L’entreprise indique également que MonDocteur n’équipait que 2 % des soignants au moment du rachat.

« Doctolib n’est en aucun cas en position dominante. Malgré notre fort usage par le grand public, Doctolib est un acteur récent dans le secteur des logiciels pour les soignants (trois fois plus petit que nos concurrents européens) et n’équipe aujourd’hui que 30 % des soignants français (10 % en 2019, au moment de la plainte) », s’est justifiée l’entreprise.

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