Le ministère de la Justice (DoJ) des États-Unis a déposé plainte pour bloquer la fusion entre HPE et Juniper, prétextant que l’opération nuit à la concurrence et à l’innovation sur le marché des technologies de réseau local sans fil (WLAN).
Le rachat de Juniper par son concurrent HPE, bouclé en janvier 2024 pour 14 milliards de dollars, est menacé. Le ministère de la Justice des États-Unis a révélé, par voie de communiqué, avoir porté plainte, jeudi 30 janvier, devant un tribunal californien pour bloquer cette acquisition entre le troisième et le second fournisseur de technologies de réseau local sans fil (WLAN) aux États-Unis.
Un risque de concentration du marché
Le DoJ craint que la consolidation induite par ces deux acteurs sur le marché des télécommunications ne limite la concurrence et l’innovation. Il a ainsi déclaré que « la transaction proposée éliminerait une concurrence directe et féroce entre les deux entreprises, augmenterait les prix, réduirait l'innovation et diminuerait le choix pour de nombreuses entreprises et institutions américaines », très dépendantes des réseaux sans fil, comme les hôpitaux et les petites entreprises.
Juniper était perçu comme « un acteur perturbateur » à son arrivée sur le marché, rappelle le communiqué. Un petit nouveau vite devenu grand, qui a su imposer des outils ayant permis de réduire les coûts d’exploitation des réseaux sans fil. Au point que, « un mois avant l'annonce de l'acquisition proposée, les commerciaux de première ligne de HPE étaient préoccupés par le fait que “[l]a menace Juniper [était] grave” parce que, dans des dizaines d'opportunités, Juniper cherchait à “déloger” HPE », rapporte le communiqué du département de la Justice. Dans ce contexte, son rachat par son principal rival laisse effectivement penser qu’HPE consoliderait davantage sa position pour se partager, in fine, 70 % du marché avec son principal concurrent, Cisco Systems Inc.
Juniper et HPE défendent leur union
Les deux principaux concernés n’ont pas manqué de réagir dans un communiqué et dénoncent une analyse « erronée », déclarant que l’acquisition « stimule l’innovation » et « fortifie la sécurité nationale des États-Unis ainsi que le secteur des "technologies de base" américaines. » Un dernier argument souvent brandi par les entreprises ces derniers temps pour s’attirer les faveurs de l’administration Trump, qui y est plutôt sensible.
HPE et Juniper dénoncent une vision excessive du droit antitrust et ont indiqué qu’elles allaient « défendre vigoureusement la transaction en justice », affirmant qu’il existe au moins huit alternatives à HPE et Juniper sur le marché des WLAN. Pour rappel, la transaction a été approuvée par 14 juridictions, dont la Commission européenne et la CMA du Royaume-Uni. À ce jour, seuls Israël et les États-Unis n’ont pas donné leur accord.

