Washington met la pression sur Intel et TSMC pour créer une coentreprise

Intel et le géant des semi-conducteurs taïwanais TSMC vont créer une coentreprise pour exploiter les usines de fabrication de puces du géant américain en difficulté. Selon des sources de The Information, Washington aurait fait pression sur les deux industriels pour conclure cet accord.

Washington veut créer un nouveau géant des semi-conducteurs et tenter, au passage, de faire sortir la tête de l'eau à Intel. D’après le média The Information, qui cite deux personnes proches du dossier, Intel et TSMC ont conclu un accord préliminaire pour former une coentreprise en exploitant les usines de fabrication de puces d’Intel.

Le Taïwanais prendra 20 % du capital de cette nouvelle société. Le reste sera partagé entre Intel et d’autres entreprises américaines du secteur, dont l'identité n'a pas encore été révélée. Reuters a rapporté en mars que TSMC avait déjà proposé à Nvidia, AMD et Broadcom de prendre des participations dans une coentreprise afin d’exploiter les usines de fabrication d’Intel, suite à une demande de l’administration Trump.

Washington met son grain de sel

Cette annonce intervient alors qu'Intel est en pleine traversée du désert, notamment autour de son activité de puces d'IA de fabrication de puces en général, où elle a été supplantée par la concurrence, TSMC en tête. Selon d'anciens cadres interrogés par Reuters, Intel a rencontré des difficultés pour founir un niveau de service client et technique équivalent à celui de TSMC, ce qui a entraîné des retards et des échecs lors des tests. Dans les cordes, Intel a enregistré une perte nette de 18,8 milliards de dollars en 2024, et a annoncé un plan de licenciement concernant 15 % de ses effectifs. Cette coentreprise permettra à Intel de profiter de l'expérience et de l'expertise de TSMC. 

Pour TSMC, l'intérêt est ailleurs. Via cet accord, le fondeur cherche à apaiser l'administration Trump, qui a récemment accusé Taïwan d'avoir "volé" l'industrie des semi-conducteurs aux États-Unis. C'est aussi, pour TSMC, une manière de contourner des droits de douane qui ne seront pas appliqués aux puces fabriquées sur le sol américain. Aux droits de douane annoncés contre Taïwan s'ajoute un contexte géopolitique tendu, alors que la Chine, qui revendique l'île, multiplie les démonstrations de force. TSMC a donc tout intérêt à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

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