Joffrey Célestin-Urbain veut redonner un élan plus collectif au Campus Cyber

Joffrey Célestin-Urbain est revenu, lors des Assises de la cybersécurité à Monaco, sur sa feuille de route pour renforcer la coopération entre le campus national et ses déclinaisons régionales. Le nouveau président entend consolider le modèle économique, développer une offre de services harmonisée et inscrire le Campus Cyber dans une dimension aussi européenne.

Nouveau président du Campus Cyber est revenu, lors des Assises de Monaco, sur le nouveau souffle à donner au Campus Cyber. Joffrey Célestin-Urbain a promis de « se retrousser les manches » et de changer de posture. « On n'est pas tout à fait au niveau de performance que l'on veut », a-t-il admis, avant d’insister sur la nécessité de remettre l’aspect coopératif au centre du campus et « d’avoir une structure collective, qui est le campus, qui joue vraiment la carte de l'intérêt général. Et donc la coopération qu'on met en place avec les campus cyber régionaux illustre ça ».

Pour se faire, l’ancien chef du service de l’information stratégique et de la sécurité économiques à Bercy, mise sur trois actions concrètes. La première consiste à redynamiser les échanges avec les campus régionaux, un mouvement déjà engagé depuis plusieurs mois.

Un réseau, pas des satellites

Le deuxième élément, « c’est un message très fort en direction des campus cyber territoriaux, de fonctionnement en réseau. Ça veut dire concrètement qu'on ne fait pas les uns contre les autres. »

Le troisième élément est un chantier actuellement en cours : « c’est que, peu importe la porte d’entrée pour une entreprise dans le réseau des campus cyber — que vous soyez à Bordeaux, à Montpellier ou à Paris — vous avez plusieurs portes d'entrée […] mais vous avez accès à un contenu de très haute qualité, qui vous apporte un certain nombre de services, qui sont en partie harmonisés. Et donc ça, c'est un gros travail qu'on est en train de lancer en commun avec les campus cyber territoriaux. » Le nouveau président a assuré qu’il n’y aurait pas de diktat national et qu’il n’était pas question de faire des entités régionales des filiales du campus national.

Trois briques prioritaires

Concernant les financements, la logique est la suivante : le campus national n’aura pas à assurer financièrement la pérennité des autres campus. « Il y a le financement des campus régionaux, et puis il y a le financement du campus national », a-t-il tranché. Si le modèle de financement n’est pas arrêté, il sera articulé autour de trois briques.

La première concerne aujourd’hui le socle immobilier du campus, qui représente à lui seul 78 % des revenus actuels du campus. « Donc en fait, ce sont les revenus tirés de la location […] Ce qu'il nous faut là-dessus prioritairement, c'est renforcer la qualité de service que l'on a. Il y a beaucoup de gens qui me disent — et à mon avis de manière légitime — qu'ils payent, qu'ils sont sur place, qu'ils attendent un niveau de service qui parfois est au rendez-vous, mais parfois ne l'est pas. »

Autre point : développer la notion d’écosystème. « C'est-à-dire que le campus cyber et le réseau des campus cyber sont des opérateurs de service pour l'écosystème dans son ensemble. Donc il ne s'agit pas de se concurrencer les uns les autres », a détaillé Joffrey Célestin-Urbain. L’idée consiste à développer une nouvelle échelle de service pour accompagner les entreprises et start-up de cybersécurité, et une chaîne de valeur complète en mesure de les accompagner sur le campus. « Donc ça, ça va rapporter normalement du revenu au campus cyber. Je ne sais pas exactement vous dire combien, parce que là, on est en terrain inconnu, mais on parle de choses qui sont complètement nouvelles. »

La troisième brique concerne la couche non marchande (externalités positives, intérêt général) qui n’a pas vocation à générer du ROI directement, mais plutôt à créer de la valeur.

Une dimension européenne

Joffrey Célestin-Urbain espère également faire du Campus Cyber une plateforme de connexion entre l'écosystème cyber français et les autres écosystèmes, européens en tête.

« Moi, ce qui m'intéresserait beaucoup, ce serait que les Allemands, les Polonais ou les Espagnols, dans leur secteur public ou dans les grands comptes, achètent davantage de solutions de cybersécurité françaises. Et inversement, il faut sans doute être prêt à ce qu'il y ait une forme de réciprocité. »