Polytechnique renonce à Microsoft

Après des mois d'un âpre combat juridique, la direction de l'École polytechnique, sous pression, a finalement suspendu son projet de migration vers Microsoft 365.

La prestigieuse école a dû faire face aux vives réticences de son personnel et de ses chercheurs, qui s'inquiétaient de la confidentialité de leurs données et de leurs travaux dans des domaines stratégiques. Mais pas que.

Priorité aux logiciels libres

Le Conseil National du Logiciel Libre est allé jusqu’à brandir l'arme juridique en lançant une procédure précontentieuse menaçant l'École d'un procès, estimant que cette migration était illégale. L'article L123-4-1 du Code de l'éducation stipule en effet que : « Le service public de l'enseignement supérieur met à disposition de ses usagers des services et des ressources pédagogiques numériques. Les logiciels libres sont utilisés en priorité. »

C'est également le député Philippe Latombe qui avait interpellé le gouvernement l'année dernière sur cette question. L'élu a d'ailleurs salué le rétropédalage de Polytechnique dans un communiqué publié ce mercredi. Pour mémoire, le député de Vendée avait alerté les pouvoirs publics en mars 2025 via une question adressée au ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il y déplorait les risques que faisait courir aux acteurs publics l'utilisation de solutions soumises à des droits extraterritoriaux, notamment le Cloud Act américain, texte permet aux agences de renseignement d'exiger l'accès aux données stockées chez des entreprises américaines.

« Un signal fort adressé à l'ensemble des administrations »

Le député avait appelé à ce que soient prises en compte les exigences de souveraineté, de sécurité juridique et de maîtrise des données publiques : « conformément d'ailleurs aux orientations, datant de 2021, de la direction interministérielle du numérique, interdisant le déploiement de Microsoft 365 dans l'administration », a-t-il rappelé.

Ce rétropédalage de l'École polytechnique constitue, selon ses mots, « un signal fort adressé à l'ensemble des administrations, établissements publics et opérateurs de l'État », appelés à faire de la commande publique un levier de souveraineté, à l'image de ce que font nos alliés outre-Atlantique.

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